Voici le blog pédagogique de M. Cros.
Vous y trouverez des infos sur l'Antiquité et des pistes pour le latin.

lundi 25 janvier 2010

Post Mortem : une exposition à Lyon

Cette exposition aborde une thématique assez rare et pourtant centrale dans les sociétés antiques : les pratiques et les rituels autour de la mort.
Ce thème reste tabou à notre époque : ainsi, le titre initial de l'exposition ("Mourez, nous ferons le reste") a-t-il été censuré. Alors que de nos jours la mort se fait discrète et médicalisée, dans l'Antiquité, c'est un événement social, qui implique aussi bien la famille du défunt que les clients, les voisins...

pour voir la présentation de cette exposition, et surtout la galerie-photo de grande qualité.



Ne loupez pas le Salon noir consacré à cette exposition. Emission exceptionnelle : dans une ambiance d'outre tombe, on peut y entendre Christian Goudineau, historien spécialiste de la Gaule, et qui a préparé l'exposition. (nécessite Real Player) :
Mourez, nous ferons le reste

vendredi 22 janvier 2010

Les Helvètes

Les Helvètes apparaissent au tout début de la Guerre des Gaules, puisque César prend le prétexte de la menace de ce peuple qui veut migrer vers l'océan pour entrer dans la Gaule indépendante. En voici sa présentation :
Apud Helvetios longe nobilissimus fuit et ditissimus Orgetorix. Is M. Messala, [et P.] M. Pisone consulibus regni cupiditate inductus conjurationem nobilitatis fecit et civitati persuasit ut de finibus suis cum omnibus copiis exirent : perfacile esse, cum virtute omnibus praestarent, totius Galliae imperio potiri. Id hoc facilius iis persuasit, quod undique loci natura Helvetii continentur : una ex parte flumine Rheno latissimo atque altissimo, qui agrum Helvetium a Germanis dividit ; altera ex parte monte Jura altissimo, qui est inter Sequanos et Helvetios ; tertia lacu Lemanno et flumine Rhodano, qui provinciam nostram ab Helvetiis dividit.
Orgétorix était, chez les Helvètes, le premier par sa naissance et par ses richesses. Sous le consulat de M. Messala et de M. Pison, cet homme, poussé par l'ambition, conjura avec la noblesse et engagea les habitants à sortir du pays avec toutes leurs forces ; il leur dit que, l'emportant par le courage sur tous les peuples de la Gaule, ils la soumettraient aisément tout entière à leur empire. Il eut d'autant moins de peine à les persuader que les Helvètes sont de toutes parts resserrés par la nature des lieux ; d'un côté par le Rhin, fleuve très large et très profond, qui sépare leur territoire de la Germanie, d'un autre par le Jura, haute montagne qui s'élève entre la Séquanie et l'Helvétie ; d'un troisième côté, par le lac Léman et le Rhône qui sépare cette dernière de notre Province.
Caius Julius CAESAR, De Bello Gallico, I, 2.

César Barrera définitivement la route des Helvètes lors de la Bataille de Bibracte, en - 58. Il les repoussera de l'autre côté du Jura, où ils créeront l'Helvétie.

Découvrir le site archéologique de Nyon (Noviodunum), fondé par Jules César.

mardi 19 janvier 2010

Les Dieux en couleurs

La télévision d'autrefois était en noir et blanc ? Eh bien, pour les statues antiques, c'était le contraire. Nous les voyons aujourd'hui avec la couleur de la pierre, les yeux vides, mais dans l'Antiquité, elles étaient peintes.
Une exposition en Allemagne en 2009 le montrait bien, qui mettait côte à côte des statues antiques telles qu'on les voit dans les musées et des copies mises en couleurs.

voir sur cette page d'Arte quelques images.

mardi 12 janvier 2010

Asinus asinum fricat


Vous ignorez ce que signifie cette expression dont la traduction signifie "l'âne frotte l'âne" ? Pour le savoir, cliquez ici.

jeudi 31 décembre 2009

On a trouvé un nouvel empereur romain !

C'est l'histoire d'une pièce trouvée il y a un siècle près de Nantes. Elle mentionne un empereur inconnu, Domitianus.
On pensait au moment de la découverte que cette pièce était un faux, ce qui était très courant à l'époque du fait de l'affaiblissement du pouvoir central romain et du manque de monnayage.
Sauf qu'en 2004, on a trouvé une pièce identique en Angleterre. Cela prouve que les deux pièces sont authentiques et attestent l'existence de cet empereur, probablement l'un des usurpateurs qui ont dirigé « l'empire gaulois » au IIIe siècle ap. J.-C.
Un étude récente démontre même que ces deux pièces ont été frappées avec le même coin, à l'atelier monétaire de Trèves (ou peut-être Cologne).
Quelques sources imprécises nous parlent d'un Domitianus, qui aurait dirigé très brièvement (quelques semaines) la Gaule et la Bretagne en 271 ap. J.-C., au début du règne d'Aurélien. L'historien Zosime (VIe siècle ap. J.-C.) cite rapidement ce personnage dans son Histoire Nouvelle (i9stori/a ne/a, I, 49, 2). La scène se passe alors que l'Empire est menacé par les Barbares (Scythes puis Allamans) : Aurélien en tue des centaines lors d'une bataille sur l'Ister, à la frontière de la Pannonie. C'est alors que « plusieurs membres du sénat qui avaient été accusés de conspiration contre l'empereur furent exécutés, et Rome, qui auparavant n'avait pas de remparts, en était désormais ceinte. Ces travaux, commencés sous le règne d'Aurélien, furent terminés par Probus. Au même moment, Epitimius, Urbanus et Domitianus furent pareillement suspectés d'être des "innovateurs" et furent immédiatement arrêtés et châtiés. »

Ces deux pièces sont typiques de l'époque et la tête de l'empereur est très stéréotypée : il porte la barbe et une sorte de couronne de rayons, allusion à Sol Invictus, représentation de la force et de pouvoir impérial. Il est écrit autour de sa tête :
IMP C DOMITIANUS P F AUG
abréviation de "Imperator Caesar Domitianus Pius Flavius Augustus".
L'autre côté est également intéressant. On y lit :
CONCORDIA MILITVM
autour d'une représentation de la Concorde (reconnaissable à la patère qu'elle tient à la main droite et la corne d'abondance dans l'autre.) La devise ("avec l'accord des soldats") signifie que Domitianus voulait faire croire que tous les soldats étaient derrière lui.

l'article sur Wikipédia (la version anglaise est plus développée).

mercredi 9 décembre 2009

Les éléphants d'Hannibal

Le grand chef de guerre de l'Antiquité a-t-il réellement traversé les Alpes à dos d'éléphant avec ses armées ?

Voici plus de deux mille deux cents ans que les guerres puniques entre l'Empire romain et Carthage ont livré à la postérité un épisode célèbre : Hannibal franchissant les Alpes à dos d'éléphant pour marcher sur Rome. Le troupeau de pachydermes aurait quitté l'Espagne pour traverser le sud de la Gaule et gravir ensuite la chaîne montagneuse. Depuis des siècles, les historiens s'interrogent : l'événement a-t-il réellement eu lieu ? Était-il possible de traverser la montagne avec des fantassins et de tels animaux ?

fiche complète sur arte.tv et ici.

samedi 12 décembre 2009 à 21:35

Réalisateur : Jörg Altekruse (WDR ; Allemagne, 2006, 53mn)

Rediffusions :
16.12.2009 à 10:50
26.12.2009 à 05:00

samedi 28 novembre 2009

Promenade il y a 2000 ans à Lutèce

Sortie pédagogique à Paris jeudi 26 novembre...
Après un départ très tôt, puisque nous devions arriver au Louvre pour 9h30, nous nous sommes dirigés vers Notre-Dame, en suivant les quais hauts. Le temps était avec nous, joli soleil à peine caché par quelques nuages facétieux.
Pause déjeuner dès 10h30 (indispensable quand on s'est levé avant 6h ;-) puis visite de l'exposition sur les monuments de Lutèce.
L'après-midi, nous ressortons au niveau du XXIe siècle pour retrouver les traces de la Lutèce antique dans Paris actuel ; direction : le quartier latin.
Nous repérons le cardo maximus antique, l'actuelle rue Saint-Jacques, puis nous rendons vers les Thermes de Cluny (ci-dessus), équipement plutôt luxueux pour une ville d'environ 10 000 habitants. Nous remontons le boulevard Saint-Michel, vers le site du forum antique (à l'intersection de la rue Soufflot). Seule une pierre atteste de ce monument assez impressionnant.
Nous retournons vers la rue Saint-Jacques, à son point culminant de la Montagne sainte-Geneviève. C'est à cet endroit que les arpenteurs romains ont tracé les axes de la Lutèce romaine, à l'aide de leur groma (ci-contre).
Nous poursuivons notre route vers les arènes de Lutèce (à droite), exemple de théâtre-amphithéâtre spécifique au nord de la Gaule. Celui de Lutèce a été conçu comme tel : le bâtiment a la forme d'un théâtre mais dispose à la place de l'orchestre d'une arène elliptique. Il est donc en fait différent de celui de Lillebonne, puisque dans l'antique Juliobona, le bâtiment résulte de la transformation d'un amphithéâtre en théâtre.

photos : J. CROS