Voici le blog pédagogique de M. Cros.
Vous y trouverez des infos sur l'Antiquité et des pistes pour le latin.

dimanche 7 juin 2009

Le mythe de Narcisse (ressources)

John William Waterhouse (1849-1917), Écho et Narcisse (1903), Walker Art Gallery, Liverpool

L'allusion à Narcisse

Un enfant vint mourir, les lèvres sur tes eaux,
Fontaine ! de s'y voir au visage trop beau

Du transparent portrait auquel il fut crédule...

Les flûtes des bergers chantaient au crépuscule ;

Une fille cueillait des roses et pleura ;

Un homme qui marchait au loin se sentit las.

L'ombre vint. Les oiseaux volaient sur la prairie ;

Dans les vergers, les fruits d'une branche mûrie

Tombèrent, un à un, dans l'herbe déjà noire,

Et, dans la source claire où j'avais voulu boire,

Je m'entrevis comme quelqu'un qui s'apparaît.

Était-ce qu'à cette heure, en toi-même, mourait

D'avoir voulu poser ses lèvres sur les tiennes

L'adolescent aimé des miroirs, ô Fontaine ?


Henri de Régnier, Les jeux rustiques et divins, 1897

Narcisse se regardant dans l'eau, fresque pompéienne (Maison de M. Lucretius Fronto)


Salvator Dali (1904-1989), Métamorphose de Narcisse (1937), Tate Gallery, Londres

Sur un Narcisse de marbre

fait en relief, de la main de Michel-Ange


Ce n'est ni marbre, ni porphyre,

Que le corps de ce beau chasseur,

Dont l'haleine d'un mol zéphyre

Évente les cheveux avec tant de douceur.

En cette divine sculpture,

On voit tout ce que la nature

Put jamais achever de mieux.

S'il n'entretient tout haut l'image ravissante

Que forme cette onde innocente,

C'est qu'on ne parle que des yeux,

Pour se bien exprimer sur une amour naissante.


François Tristan L'Hermite (1601-1655), La lyre

Michelangelo Merisi dit Le Caravage (1571-1610), Narcisse (1597), palais Barbérini, Rome


Narcisse dans la littérature.
documentation iconographique de Wikimédia.
fiche Wikipédia.

samedi 30 mai 2009

Retour de Ségovie

La ville de Ségovie présente une succession fascinante d'époques architecturales : époque romaine, style roman qui s'est maintenu très tardivement (XVIe siècle), époque musulmane qui combinait les styles propres aux trois communautés religieuses (musulmans, juifs et chrétiens), style mujedar, renaissance...

Mais attardons-nous sur le monument le plus impressionnant (et le plus ancien) : l'aqueduc romain.
Celui-ci domine littéralement la ville et est très imposant puisqu'il est construit en partie à flanc de colline et surplombe le cours d'eau qui contourne en contrebas la ville.
Cet aqueduc a été construit pour les besoins de l'armée romaine, puisque la ville de Ségovie servait de cantonnement militaires aux armées qui stationnaient dans la région. La population autochtone était elle réduite. Cette construction montre bien sa destination totalement utilitaire puisque l'aspect esthétique de l'aqueduc a été nettement laissé de côté, si ce n'est quelques corniches qui rythment les arches. On voit ainsi clairement les anfractuosités pratiquées pour faciliter le levage des pierres. Celles-ci n'ont pas du tout été lissées et présentent donc des bosselages. Ces pierres ne tiennent que par l'équilibre des forces, puisque aucun mortier n'a été utilisé.
L'aqueduc mène les eaux de la rivière Acebeda, à 18 km de Ségovie (ville qui se trouve à plus de 1000 m. d'altitude, au pied de la Sierra de Guadarrama, qui connaît des neiges éternelles) et a fonctionné jusque dans les années 50, ce qui explique son excellent état de conservation.
On peut voir au-dessus du premier étage des arcades la trace d'une inscription latine, aujourd'hui réduite aux perforations qui maintenaient les tenons des lettres de bronze, qui ont disparu avec le temps. Il est possible de la reconstituer à partir des trous comme pour la Maison carrée de Nîmes (voir ce message). A. Ramirez Gallardo (1975) propose la lecture suivante :
TI CLAVDIVS PONT MAX VIII COS III TRIBVNICIA POTESTATE VIIII
IMP PP OMNIVM FECIT
D'après cette hypothèse, l'aqueduc pourrait remonter au règne de Claude c'est-à-dire aux environ de l'an 50.
On distingue aujourd'hui dans la partie centrale, en haut, une statue de la Vierge (la Virgen de la Fuencisla). Une légende locale attribue en effet la construction de l'aqueduc au diable.

illustrations 2 et 4 : J. CROS (autres : Wikipédia)

lundi 25 mai 2009

La flèche du Parthe


Vous ignorez ce qu'est un Parthe ? et pourquoi il envoie des flèches ? Pour le savoir, cliquez ici.

mercredi 13 mai 2009

Le Salon noir : Alésia

Le Salon noir, émission de France Culture sur l'archéologie, excellente quoique assez pointue, propose une émission en réécoute consacrée à Alésia (nécessite Real Player) :
Quoi de neuf à Alésia ?

vendredi 8 mai 2009

Sortie à Évreux

Les 5e3 et 4 étaient en sortie pédagogique à Évreux le jeudi 7 mai 2009. C'était aussi un voyage dans le temps puisqu'on est passé de l'époque gallo-romaine au Moyen-Age.
Le temps a été très beau, même si on a eu des doutes en partant sous le ciel gris et froid de Rouen. Passé la Seine, le temps s'est levé.

La visite s'est commencée par le beffroi de la ville qui date de la fin du XVe siècle, le seul bâtiment civil médiéval conservé. Il servait de tour de guet pour protéger la ville, qui se trouvait à la limite des terres du roi de France et des ducs de Normandie.
Le groupe s'est ensuite promené le long de l'Iton, l'un des affluents de l'Eure. Le cours d'eau traversait autrefois la ville, au milieu des maisons, avant les destructions de la guerre. On peut voir des restes de rempart et des poissons qui nagent dans l'eau peu profonde.
Direction : la cathédrale. Ce bâtiment est un véritable résumé des styles architecturaux tant il a connu d'incendies et de destructions.
On a poursuivi la visite des édifices religieux par l'église Saint-Taurin, évangélisateur d'Évreux. On a pu y voir la célèbre châsse de saint Taurin, reliquaire en or du premier évêque datant du XIIIe siècle.

Comme il commençait à faire faim, nous avons pris la direction du jardin botanique pour une petite heure de détente.
Après un petit tour du cloître des Capucins, qui est aujourd'hui une école de musique, le groupe s'est dirigé vers l'ancien évêché qui est aujourd'hui le musée d'Évreux. Comme on est arrivé un peu en avance, l'évêché était encore fermé de l'intérieur ! Une petite attente au soleil, sous le regard multi-centenaire des gargouilles de l'ancien cloître. La visite des monuments de la ville semble une suite de bâtiments religieux !
Le musée est de dimensions modestes mais les collections sont bien mises en valeur dans les bâtiments restaurés datant de la Renaissance.
Les non-latinistes ont poursuivi leur voyage à l'époque médiévale, tandis que les latinistes ont encore remonté le temps. La partie consacrée à l'Antiquité est assez impressionnante : le sous-sol du musée est en effet fermé sur un côté par le rempart d'époque gallo-romaine. On y voit même en fondation des matériaux de réemploi, comme des chapiteaux et des fûts de colonnes.
Les élèves ont donc observé les différentes vitrines à l'aide d'un petit fascicule pédagogique. Toute la vie quotidienne y est abordée. L'un des chefs-d'œuvre de la collection est sans conteste cette magnifique statue de Jupiter en bronze avec des réhauts en cuivre (lèvres, mamelons) et en argent (yeux).

A droite, on peut voir une portion du rempart d'Évreux (près de la cathédrale) qui conserve des parties de l'époque romaine : les strates de briques (très plates) alternant avec des pierres petites et bien alignées (opus mixtum) sont caractéristiques des murs romains.

mercredi 6 mai 2009

Nouvelles découvertes en Gaule

Voici un article détaillé du Monde.fr qui rapporte les découvertes récentes en Gaule :
  • Ville de Corent (voir aussi cet article dans Magister Optimus)
  • Sépulture de Gondole (voir aussi cette page sur le site de l'Inrap)
  • Champ de bataille de Ribemont
  • Trésor de Tintignac
pour lire l'article du Monde.

lundi 4 mai 2009

2000 ans d'Histoire : Tibère

L'émission de Patrice Gélinet du jeudi 30 avril 2009 a pour thème l'empereur Tibère, avec Catherine Salles, grande spécialiste de l'Empire romain et auteur entre autres d'un ouvrage sur Tibère (Tibère, le second César).
C'est la rediffusion d'une émission de 2008, au moment de la parution du livre de l'invité sur ce sujet.
voir la fiche sur cette émission.

pour écouter l'émission.